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Thème associé : La christianisation des lieux de cultes païens


le creux saint-martinFontaine de dévotion et bassin Saint-Martin (XVII<sup>e</sup>-XVIII<sup>e</sup> siècle ?). © Inventaire Général, ADAGP. Cliché R. Choplain

A l’époque mérovingienne, les cultes païens n’avaient pas disparu dans les campagnes. Nombreuses sont les fontaines, les pierres levées, les arbres aussi, qui étaient encore l’objet d’un culte fervent de la part des populations. L’Eglise s’éleva contre ces pratiques, et rares sont les conciles qui ne s'indignent pas de la survivance de ces rites. Saint Martin, apôtre des Gaules (v. 316-397), lutta contre ces coutumes, abattant les temples et arrachant les arbres sacrés. Lorsqu’il était difficile de détruire, comme dans le cas de sources ou de pierres dressées, on procédait autrement. Une croix venait surmonter fièrement les pierres dressées ; les sources se voyaient dotées d’une chapelle et le nom d’un saint y était attaché : souvent celui de Martin en raison de l’ardeur qu’il avait mise durant son existence à combattre les cultes païens.

Texte d’illustration : la destruction des lieux de culte païens en Gaule

« Du Ve au IXe siècle, des édits royaux et les canons des conciles (en particulier Arles : 452, Tours : 567 et Nantes : 568) fulminent contre le culte des pierres (et aussi des arbres et des sources ... ). C'est le cas de l'édit de Childebert (554) contre les idoles et les monuments de l'idolâtrie et d'une charte de Chilpéric. Les canons des conciles précités s'élèvent contre le culte des pierres et ordonnent de renverser celles auxquelles on rend hommage et de les enfouir de façon à ce que les fidèles ne puissent les retrouver. Celui d'Arles fait savoir aux évêques qu'ils se rendent coupables de sacrilège s'ils négligent d'extirper le culte des pierres. Celui de Tours "recommande au clergé de chasser de l'Église quiconque sera vu faisant devant certaines pierres des choses contraires aux principes de la dite Église". Le canon XX du concile de Nantes appelle l'attention des évêques et de leurs serviteurs "sur des pierres retirées dans des lieux vénérés et boisés où l'on fait des vœux et porte des offrandes", et leur enjoint de" les renverser et de les jeter dans des endroits si cachés que jamais leurs adorateurs puissent les retrouver". » (Jean-Mary Couderec, « Les toponymes Saint-Martin dans nos campagnes », Mémoires de la Société Archéologique de Touraine, Tome LXII, Année-1997)

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