Retour à la page d'accueil Conseil général de l'Allier


La presse du département de l'Allier sous l'occupation

1 - Les effets de la censure et de l'occupation

Après la défaite et l’armistice de 1940, rares sont les journaux comme Le Populaire qui choisissent de se saborder. La plupart des titres d’avant-guerres’installent en zone libre sous l’autorité de l’Etat français. Dès juillet 1940, un secrétariat général à l’information est mis en place qui organise la censure sous la forme de consignes ou de notes d’informations. Dans l’ensemble, la presse est docile et dévouée au Maréchal Pétain. Elle applique les consignes de censure et relaie la propagande officielle, même si les rappels à l’ordre sont fréquents. A partir de juillet 1940, certains journaux regagnent la capitale occupée en pariant sur une victoire allemande. Ils doivent alors se soumettre aux services de censure allemands : la Propaganda Abteilung. L’occupant favorise la réapparition de titres anciens comme Le Matin ou Le Petit Parisien et la création de journaux collaborationnistes virulents qui cherchent à faire basculer l’opinion du côté des nazis.

La presse fidèle au régime

Le Progrès de l’Allier (15 août 1940). Le Progrès de l’Allier (27octobre 1940). Le Centre (3 mai 1941).
Le Progrès de l’Allier du 15 août 1940. Le Progrès de l’Allier du 27 octobre 1940. Le Centre du 3 mai 1941.
Le Progrès de l’Allier (7 juin 1944). 7 jours (30 novembre 1941). 7 jours (30 novembre 1941).
Le Progrès de l’Allier du 7 juin 1944 Une du journal illustré 7 Jours
daté du 30 novembre 1941
Reportage sur la ligne de démarcation
dans le journal illustré 7 Jours (30 novembre 1941).

La presse collaborationniste et les titres encouragés par l'occupant


L'Indépendant (17 janvier 1942). L'Emancipation nationale (14 août 1943).L'Emancipation nationale (14 août 1943). Signal (juin 1942).
L’Indépendant de l’arrondissement de Gannat
du 17 janvier 1942.
L’émancipation nationale
du 14 août 1943.
Signal est un journal de propagande illustré,
publié par les nazis et diffusé dans une vingtaine de pays à partir de 1940.

2 - La presse de la Résistance

Une presse clandestine se développe dans la Résistance. Elle nait d’actions individuelles isolées, de la volonté de donner une information différente de celle de la propagande de Paris ou de Vichy. Du fait du manque de moyens, les premiers numéros sont ronéotypés ou dactylographiés. Certains ont une durée de parution limitée, tandis que d’autres voient leur tirage et leur diffusion augmenter grâce aux ressources financières de la France Libre. Ainsi, le tirage de Combat passe de 40 000 exemplaires en 1942 à 250 000 en 1944. Pour les Résistants, le risque est énorme. Une ordonnance allemande du 18 décembre1942 précise que « quiconque aura confectionné ou distribué des tracts sans y être autorisé sera puni de la peine de travaux forcés ».

L’Aveyron (15 septembre 1941). Libération (18 mai 1942). Le Populaire (15 octobre 1942).
L’Aveyron du 15 septembre 1941. Libération du 18 mai 1942. Le Populaire du 15 octobre 1942.
La Voix paysanne (janvier 1943). Le Courrier de l'air (21 avril 1943). Le Populaire (juin 1944).
La Voix paysanne de janvier 1943. Le Courrier de l'air du 21 avril 1943. Le Populaire, juin 1944.
Combat (juillet 1944). Lettre anonyme (août 1944). Le Centre (23 août 1944).
Combat numéro 58, juillet 1944. Certains lecteurs s’insurgent contre le caractère partisan
des informations diffusées par la presse fidèle au régime.
Lettre anonyme adressé à Joussain du Rieu,
rédacteur en chef du journal Le Centre le 23/08/1944.
La une du journal Le Centre
avec l’éditorial de Joussain du Rieu
incriminé dans la lettre du 23/08/1944.
Tract anonyme (août 1944).
La mise en cause de la presse fidèle au régime.
Tract anonyme envoyé au siège du journal Le Centre en août 1940.

3 - La presse à la Libération

A la Libération, la presse connait une vague d’épuration et une restructuration. Selon l’ordonnance du 30 septembre 1944, les journaux ayant paru après le 25 juin 1940 (date d’entrée en application de l’armistice) doivent disparaitre, ce qui représente la quasi-totalité de la presse française. Quelques rares journaux qui ont paru jusqu’en 1943 comme La Montagne restent autorisés en raison des services rendus à la Résistance. Dans l’Allier, Le Progrès de l’Allier change de nom et devient Valmy à partir du 11 septembre 1944, tandis que Le Centre devient Le Centre Républicain à partir du 21 aout 1944. Des journaux autrefois clandestins comme Combat ou des titres interdits depuis 1939 comme L’Humanité paraissent désormais librement.

Le Populaire (août 1944). Le Centre républicain (23 août 1944). Valmy (2 mai 1945).
Le Populaire (août 1944). Le Centre républicain du 23 août 1944. Valmy, 2 mai 1945.

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