Retour à la page d'accueil Conseil général de l'Allier

Abel Grand (Saint-Bonnet-de-Rochefort) voir photos

Abel Grand est né le 10 août 1897 à Saint-Bonnet-de-Rochefort (Allier). Il étudie à l’Ecole normale d’instituteurs de Moulins. Son bulletin de notes de l’Ecole Normale de Moulins pour l’année 1914-1915 (voir) mentionne son esprit « frondeur ». Incorporé au 2ème Régiment de Zouaves (voir certificat de bonne conduite), il rejoint le front le 31 décembre 1916 (voir registre matricule) puis il passe les années 1917 et 1918 en 1ère ligne.

De 1916 à 1918, Abel Grand entretient une correspondance régulière et soutenue avec ses parents à raison d’une lettre tous les deux jours. Au total ce ne sont pas moins de 275 missives qui retracent le quotidien de ce jeune instituteur plongé au cœur des combats.

Confronté à des conditions de vie terribles, il se veut rassurant en minimisant les évènements auxquels il est confronté quotidiennement. C’est après coup qu’il évoque les offensives et batailles auxquelles il a pris part (voir lettres du 18 avril 1917 et du 25 mars 1918). Toutefois, la présence des nombreux cadavres des champs de bataille est difficile à ignorer : il les évoque à plusieurs reprises dans sa notice chronologique rédigée à la fin de la guerre (voir notes). C’est bien sûr également la peur de sa propre mort qui transparaît dans sa lettre du 22 mars 1918, qu'il termine avec cette formule « Adieu ou plutôt au revoir. Abel. » . Regrettant ses mots, il ajoute in-extremis « Ne vous en faites pas ce n'est rien… » (voir lettre du 22 mars 1918)

Abel est assez sarcastique quand il nous livre ses opinions sur l’armée (voir lettres du 11 octobre 1917 et du 30 mai 1918), sur la répression des mutineries de 1917 (voir lettre du 9 novembre 1917) ou sur les « embusqués » (voir lettres du 19 février 1917 et 7 février 1918).

Quelque fois le ton est plus poétique comme lorsqu’il décrit des combats aériens. Il compare le vol des avions au vol des hirondelles en automne. (voir lettre du 15 mai 1918)

La correspondance d’Abel témoigne également de l’esprit de camaraderie et de partage qui unit les Poilus. (voir lettre du 15 juin 1918)

Blessé par un éclat d’obus, il est évacué le 1er novembre 1918. C’est un ami du père d’Abel qui lui annonce la blessure son fils (voir lettre du 3 novembre 1918). Lorsqu’il écrit à ses parents le 7 novembre, il a bien conscience que la fin de la guerre approche : « je crois bien à entendre les bonnes nouvelles que je ne reverrai pas la guerre» (voir lettre du 7 février 1918).

Sa « bravoure et sa conduite exceptionnelle lors des combats des 28, 29 et 30 août 1918 » lui valent une citation à l’ordre du Régiment le 18 septembre 1918.

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