Retour à la page d'accueil Conseil général de l'Allier

Joseph Tourret (Deux-Chaises) (voir lien vers registre matricule et fascicule de mobilisation)

Agé de 22 ans (classe 1912) lors de l’entrée en guerre, Joseph Tourret est alors cultivateur sur la commune de Deux-Chaises. Incorporé comme artilleur, il apprend donc à manipuler le canon. Nous suivons son parcours grâce à son carnet de bord (voir) tenu du 2 août 1914 au 28 février 1917.

En partance pour le front, il fait partie des soldats qui se voient offrir des fleurs par des femmes. Le 7 août, il écrit ainsi « A chaque instant on rencontre des gens des femmes surtout qui viennent nous souhaiter bon courage et nous jeter de gros bouquets de fleurs » (voir la page 3 du carnet).. Le 13 août, l’heure est à l’optimisme : « On remarque le recul des ennemis. » (page 4). Mais 2 jours plus tard, le baptême du feu et les premiers morts dégrisent le soldat : « On est couchés à la belle étoile. A 2 h du matin on entend une vive fusillade. Halerte! (…) les obus tombent autour de nous et dans le village tuent et blessent plusieurs fantassins" (page 5). Les jours qui suivent se déroulent sous une pluie d’obus, ainsi le 20 août : « C'était un bruit infernal on entendait que éclatement d'obus et la mitraille de l'infanterie une fumée à plus se voir » (page 6). A partir de septembre 1914, les combats font rage au point que l’on ne prenne plus le temps d’enterrer les morts : « Le 12 (…)nous traversons le champ de bataille chose affreuse ou il y a pas mal de nos fantassins tués depuis plusieurs jours que l'on a pu enterrer ». (page 11)

Dans ces régions « libérées », les soldats français ne se sentent pas forcément bien accueillis par les populations, ainsi dans la Meuse, Joseph Tourret évoque en octobre 1914 « tous les gens du pays qui ne font que nous espionner instituteur, maire, adjoint, curé »… (page 18)

L’année 1916 reste pour la majorité des soldats celle de Verdun et de ses combats sans fin : « On commence à s'apercevoir du renfort des troupes dans la région de Verdun (…) fort de Douaumont où l'ennemi fait attaques sur attaques nos pertes sont assez graves. (…)Nous couchons dans les bois à côté de Senoncourt d'où l'on distingue facilement les effets du bombardement sur Verdun » (pages 23-24)

Entre décembre 1916 et janvier 1917, Joseph Tourret participe à la bataille de la Somme au côté des Anglais : « à côté de Dompierre où tout est transformé en fortifications. Dans ce coin il a du se livrer des sanglants combats. Les tombes d'Anglais, de marocains et boches ne sont pas rares » (page 25).

La guerre terminée, se met en place un tourisme mémoriel avec par exemple l’édition de cartes postales des monuments commémoratifs (voir lien vers monuments commémoratifs) et de notices historiques des différents régiments (voir lien vers « Notice_historique_1er_régiment_artillerie »).

Le 12 juillet 1919, il est officiellement démobilisé avec un certificat de bonne conduite.



Retour