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Gilbert Micheau (Montluçon) (voir photo) (1895-1948)

Gilbert Micheau, serrurier, originaire de Montluçon, est âgé de 19 ans en 1914.

Après un stage de 3 semaines au camp militaire de la Valbonne (Ain), il est désigné «mitrailleur-chargeur » (voir livret militaire). Son registre matricule (voir lien) témoigne de ses nombreuses blessures et hospitalisation. Dès le 8 décembre 1915, un éclat d’obus, le blesse à la fois à la tête et au bras droit, l’empêchant de regagner les rangs jusqu’au 6 février 1916. A ce titre, il reçut une citation à l’ordre de la 208ème brigade n°3 le 23 décembre 1915 qui dispose : «Jeune soldat de la classe 1915, plein d’entrain et de courage. Excellent mitrailleur grièvement blessé à son poste de combat. »

Le 16e Régiment d’Infanterie auquel appartenait Gilbert Micheau, s’est particulièrement illustré lors des grandes batailles. En mars 1916, les combats s’intensifient autour du bois des Corbeaux aux abords de Verdun : « on franchit les tranchées, des trous énormes, des réseaux de fil de fers enchevêtrés, on piétine des cadavres, les rangs s'entremêlent, les barrages de l'artillerie allemande se font de plus en plus violents; les mitrailleuses crépitent et dans l'immense confusion, l'orientation se perd ». (voir lien vers historique du 16eRI)

Entre 1917 et 1918, plusieurs citations (voir lien) attestent de l’active participation de ce régiment aux combats. A titre individuel, Gilbert Micheau, monte en grade : nommé caporal le 11 septembre 1917, il finit la guerre avec le grade de sergent.

En dehors des combats et à l’image de nombreux « Poilus », Gilbert Micheau confectionna des objets en guise de souvenir de guerre. C’est ainsi qu’il réalisa des portes plumes à partir de balles ennemies qu’il envoya à ses parents (voir carte du 10 juillet 1915).

Par ailleurs, outre la présence de très belles photographies de Gilbert Micheau et de ses camarades (voir lien), ce fonds nous dévoile une pièce de théâtre écrite et jouée en trois actes par les soldats du 16ème Régiment d’Infanterie. «Le Matz de Cocagne » (voir lien vers le script) est une satire du pouvoir avec la dénonciation de la censure et de l’autorité incarnée par les gendarmes. On y distingue également les multiples clins d’œil au quotidien du soldat : sa lutte contre l’ennui ou ses sentiment de jalousie du fait de l’éloignement conjugal, ses plaintes contre le manque des effets militaires, des victuailles, des médicaments... Et bien sûr pour oublier tous ces désagréments il y a le « pinard » !

La signature de l’Armistice le 11 novembre 1918 ne signifie pas la fin de la guerre pour de nombreux soldats. Gilbert Micheau lui, continua son service en Allemagne, à Walldorf . Là-bas, c’est de l’ennui dont il se plaint. Dans une de ses cartes datant du 4 mars 1919 il écrit: « Je suis toujours à Walldorf, on est assez bien mais sans aucune distraction » (voir lien vers lettre du 4 mars 1919).

C’est seulement le 15 septembre 1919 que Gilbert Micheau est mis en congé illimité. Il regagne alors Montluçon, décoré de la croix de guerre, étoile de bronze.

De la guerre, il garda à vie les stigmates puisque, outre les cicatrices, il perdit la vue à l’œil droit et son tympan droit était perforé.

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