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Edouard Mauve (Moulins) (voir ses photos)

Edouard Mauve, né à Saint-Nicolas-des-Biefs en 1873, est instituteur à Montluçon et est âgé de 41 ans lorsque la guerre éclate en 1914. Il est marié à Marie Clermonté (voir photos) avec qui il a eu deux enfants.

Son parcours militaire est restitué dans son registre matricule et son livret militaire.Arrivé aux corps le 11 août 1914, il remplit les fonctions de sous-officier comptable durant l’année 1915. Puis il est nommé adjudant le 14 juillet 1916. Il tombe malade pendant une permission et doit être hospitalisé en août à l’hôpital de Saint-Pourçain-sur-Sioule puis à celui de Vichy en septembre. Il est libéré du service militaire le 1er octobre 1921.

Patriote convaincu de la supériorité de la France sur les « Boches », Edouard Mauve, minimise les succès allemands auxquels il assiste. Ainsi, dans une lettre du 22 mai 1916, il écrit à sa femme Marie :

« les Boches, furieux des exploits de nos avions sur leurs gares et leurs dépôts de munitions se vengent, comme des barbares qu’ils sont, sur les cantonnements. Voilà 2 nuits de rang qu’ils viennent nous visiter au petit jour. Dimanche matin, j’ai été brusquement réveillé à 3 heures ½ et ce matin à 3h45. Après ce premier coup ils sont revenus une deuxième fois, hier, à 8h30, ce matin à 7 heures. Hier ils n’ont lancé que 6 bombes, 3 chaque fois, mais, ce matin, 11 le 1er coup et 14 le second. Tu parles d’un raffût. J’ai vu je vois les effets de près. Et résultats minces ; 1 blessé légèrement. »

Le patriotisme dont Edouard Mauve fait preuve est relayé jusque dans l’album de coloriage de ses enfants. A noter que ces « croquis de la Grande Guerre » sont légendés également en langues russe, anglaise et espagnole. La famille Mauve a également gardé de nombreuses cartes postales avec les photos de villes françaises dévastées par les bombes comme Pont-à-Mousson ou bien encore les photos des ruines de la basilique de Reims –le « crime de Reims »-, véhiculent la propagande de la barbarie allemande.

Au retour de la guerre, il retrouve son métier d’instituteur. A partir de 1920, il enseigne à l’Ecole normale d’instituteurs de Moulins qu’il ne quitte qu’à sa retraite en 1935. Il consacre également son temps à la Société bourbonnaise des études locales fondée en 1912 dont il fut le secrétaire jusqu’à sa mort. Il écrivit d’ailleurs de nombreux articles pour son bulletin.

Après sa mise à la retraite, il assume la charge de 1er suppléant du juge de paix du canton de Moulins-Ouest (voir sa photo en habit de juge).

Il décède le 20 juillet 1940, alors que la France est de nouveau en guerre. Lors de ses obsèques, ses camarades rendent hommage à son patriotisme « ardent » : « Ce Français aimait la France et ne s’en cachait pas » (voir l’article de Maurice Sarrazin dans la revue Courrier de la Montagne bourbonnaise , 1985-1986, n° 22, pages 8-16).

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