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Georges Laval (Moulins) (voir photo)

Georges Laval, habitant à Moulins, employé de commerce, a 21 ans lorsque la guerre éclate en août 1914 (voir son registre matricule et son livret militaire). Il est mobilisé comme ses 3 frères, Henri, Adrien et Louis (voir photos des frères Laval). Il est alors en train de faire son service militaire (voir cartes postales envoyées durant la période) porté à 3 ans depuis juillet 1913. Le 31 juillet 1914 il témoigne de la fébrilité ambiante à la caserne le jour de la mobilisation générale : « Grand branle-bas dans le quartier, la mobilisation qu’on attendait depuis quelques jours vient de sonner. Nous touchons tous les effets et nous nous préparons à partir dans la nuit. Contre ordre nous ne partons que le lendemain»

Il est affecté au 14e régiment de Dragons -traditionnellement un corps de cavalerie- où il est agent de liaison à vélo chargé de porter des lettres, journaux et provisions. L’état des chemins est tel qu’il se plaint souvent de ses crevaisons de pneus et autres déboires de cyclistes.

Tout au long de la guerre Georges tient son journal de bord sur plusieurs feuillets

-son carnet de route de la période du 22 aout 1914 au 22 janvier 1915

-son carnet de route de la campagne 1914-1915

-ses agendas des années

*1915

*1916

*1917

*1918

Il y mentionne jour après jour les lieux occupés et ses tâches. La plupart du temps ce sont des mentions lapidaires « rien de nouveau » ou « toujours même chose et rien de bien intéressant ».

Envoyé dans les Vosges vers Hardancourt à peine la mobilisation annoncée le 1er août 1914, il connaît son baptême du feu dès le 8 août. Le 26 août 1914, il participe la bataille dite « de la trouée de Charmes » en Lorraine, ayant notamment pour objectif de reprendre aux Allemands le village de Rozelieures, il écrit : « Champ de bataille terrible. Des morts et toujours des morts ».

Au début, il est peu confronté aux tranchées dont il admire les travaux ce 10 avril 1915 : « Quelles merveilles de travail et de patience sont ces tranchées, il y a de quoi voyager 3 jours sans passer deux fois au même endroit ». A la même époque il est nommé 1ère classe cycliste, chargé de diriger un peloton, ce qui ne se fait pas sans peine : « j’ai beaucoup d’ennuis avec mes cyclistes qui avec moi font ce qu’ils veulent » (27 juillet 1915). La 1ère permission ce 8 août 1915 est accueillie avec joie : « Depuis 1 an quel bonheur de revoir son pays, ses parents, ses amis ».Six mois plus tard, le 23 janvier 1916, lors de sa seconde permission il raconte s’être fait traité d’ « embusqué » par un sous-officier d’artillerie. Il commente « je le remets poliment à sa place ». Le 29 avril, il est pour la 1ère fois visiblement confronté aux poux : « je m’aperçois avec terreur que j’ai des "totos" ».

A partir de l’automne 1916 il monte plus souvent aux tranchées comme « combattant ».Il raconte ses heures de faction la nuit, ses travaux d’installation de caillebottis et de pompage d’eau dans les tranchées comme ce 28 octobre 1916 : « Après une faction montée devant le poste de commandement je trimballe des sacs de sciure pour mettre dans un abri pour les officiers. Le soir je retrimballe des caillebottis ». Le 30 septembre 1918, alors qu’il est dans la région d’Ypres en Belgique il « passe 6 heures dans la nuit enlizé dans un trou d’obus près de Langemarck. »

A la lecture de son agenda, on devine qu’il est en permission depuis 5 jours lorsque l’Armistice du 18 novembre est déclaré.

Le mérite du 14e régiment de Dragons ce dernier est reconnu par un diplôme le 28 juin 1919 qui mentionne deux citations à l’ordre de l’Armée pour « sa belle conduite devant l’ennemi ». L’état signalétique de Georges Laval mentionne l’existence d’un certificat de bonne conduite accordé à ce dernier. Le 21 avril 1920, Georges Laval reçoit l’autorisation de porter les rubans de la médaille de la Victoire.

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