Retour à la page d'accueil Conseil général de l'Allier

Joseph Fontbonnat (Désertines) (voir photos)

Joseph Fontbonnat, chaudronnier en fer habitant Désertines, a 21 ans lorsque la guerre éclate en août 1914 (voir son feuillet matricule). Affecté dans plusieurs régiments successifs d’artillerie, il est canonnier. Le 5 septembre 1917 il est cité à l’ordre de la 26e division d’infanterie : « Excellent canonnier très courageux. A été blessé le 14 août 1917 en continuant à servir sa pièce sous le plus violent bombardement. » (voir citation)

Il consigne sur un carnet ses étapes de route ainsi que ses activités de canonnier. Il témoigne notamment des bombardements sur Saint-Dié[1] dans les Vosges où il est envoyé le 20 août 1914. Pour la journée du 22 il écrit « on a pris aux Allemands une vingtaine de canon et près de 2000 obus. Nous avons tout cassé les canons et jeter les obus à l’eau et peut être 10000 cartouches. ». A partir du 26 la ville tombe aux mains des Allemands et Joseph Fontbonnat assiste à la fuite des civils, pour le 27 il écrit : « on voit des paysans qui déménagent devant les troupes ennemies ». Le 29 : « les allemands ont bombardé St-Dié avant-hier puis repassés avec de très grandes pertes ».

Le 17 septembre 1914, alors qu’il est à Rambervillers (Vosges) il constate les dégâts de la guerre : « On voit le désastre du bombardement (…) dans une usine un obus est tombé dans la salle des machines électric est a mis tout en miettes ».

Le 23 octobre, à Haudivillers dans l’Oise il témoigne des difficultés des civils : « ici comme ailleurs nous voyons le manque d’hommes pour les travaux des champs. Les femmes jouent un grand rôle dans les cultures, le labourage est conduit par les hommes âgés ou des jeunes hommes qui n’ont pas l’âge de servir leur pays. Aux batteuses on ne voit que des femmes »

A titre plus anecdotique, Joseph Fontbonnat, visiblement impressionnée par les femmes en temps de guerre note aussi « à remarquer dans ce pays [il est alors dans les Vosges] je n’ai jamais vu tant de femmes aller à bicyclette depuis l’âge de 10 ans jusqu’à des femmes âgées. »

En 1919, la guerre pourtant finie, les restrictions durent et Joseph Fontbonnat comme tant de Français se voit délivrer des bons d'alimentation pour le pain et le sucre par exemple.

Après la guerre, son statut d’ancien combattant (voir ses cartes) lui vaut une pension.


[1] Saint-Dié fait partie des communes ayant reçu la Croix de Guerre en 1920. Elle a été citée à l’ordre de l’Armée : « Placée aux avants-postes de la frontière vosgienne, a héroïquement supporté l'occupation allemande au début de la guerre ; fréquemment bombardée après sa délivrance, n'a cessé de faire preuve, malgré la menace constante de l'ennemi, d'un moral élevé et d'un ardent patriotisme"

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