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Gabriel Sirami, Noyant-d’Allier (voir sa carte de combattant )

Gabriel Sirami, cultivateur de Noyant, a 21 ans lorsque la guerre éclate en 1914 (voir son registre matricule, ainsi que son livret militaire et fascicule de mobilisation).

Il sera physiquement durement éprouvé par la guerre. Dès octobre 1914, il est évacué pour bronchite en (voir certificat) mais surtout il sera blessé à plusieurs reprises : le 12 avril 1915 par éclat d’obus à l’épaule gauche au « Bois-Brûlé », le 5 janvier 1916, à la bouche dans le secteur de la « Tête à vache », en mars 1916 pour un abcès au pied (voir certificat) et le 30 octobre 1917 par éclat d’obus à la cuisse droite à Verdun.

Plus insidieux, et reconnu officiellement comme « blessure de guerre », l’intoxication aux gaz subie pendant la guerre lui laissera des séquelles bien après. Atteint d’un « emphysème pulmonaire » les difficultés à respirer de Gabriel Sirami vont en s’aggravant. Ainsi son taux d’invalidité d’abord fixé à 10% dans les années 1930 monte à 30% environ dans les années 1970 (voir les pièces justificatives).

Le 11 décembre 1917, alors hospitalisé à Carmaux, il écrit à son amie Léontine. Au recto de la carte postale où l’on voit la salle de pansements de l’établissement, il a écrit « "C'est ici que l'on passe de mauvais moments sur ces petites tables". Il lui décrit son ennui en attendant ses lettres : « les jours me paraissent longs d’être sans nouvelles de vous pendant si longtemps ». Il espère « la fin de cette maudite guerre pour que l’on soit heureux »

Vénérait-il particulièrement cette médaille religieuse retrouvée dans ses affaires ? Sur une face on a une représentation de Saint-Pierre Chanel (1805-1841) et sur l'autre une Vierge avec l'inscription "Aimer Marie et la faire aimer".

Il a participé aux batailles de Verdun (voir carte découpée dans la presse en février 1917) du 19 décembre 1916 au 3 janvier 1917 comme en atteste son commandant de son régiment, le 167e RI, sur son diplôme : « "Le soldat de 2eme classe Sirami Gabriel du 167eme Régiment d'Infanterie a pris part aux Batailles de Verdun du 19 décembre 1916 au 3 janvier 1917"

Le 15 mars 1917, un certificat lui est décerné par le commandement du 167e Régiment d'Infanterie lui donnant droit au port de l'insigne spécial pour les blessés de guerre.

Le 27 juin 1917 il est cité à l’ordre du 167e régiment d’infanterie : "a pris part à de nombreux combats. A toujours été un soldat modèle. D'une grande bravoure. S'est notamment fait remarquer aux combats de Verdun. A été blessé deux fois." (voir citation). Le 20 septembre de la même année, il est encore cité à l’ordre de son régiment : « soldat brave et courageux. A fait preuve d’un beau sang-froid et d’un mépris complet du danger. Malgré un bombardement intense et continu est resté constamment en 1ère ligne et a donné un bel exemple de bravoure » (voir citation).

Le 27 septembre 1964, il est décoré de la croix de chevalier de la Légion d’Honneur. Elle est aujourd’hui épinglée au centre de son diplôme de l'Ordre national de la Légion d’honneur. 2 autres médailles y sont également accrochées : la croix de guerre, étoile de bronze obtenue dès 1916 et la médaille militaire en 1930. A cette occasion, il choisit son capitaine Louis Muret pour être son parrain. Celui-ci dans un discours en son honneur salue son courage : « Tu fus toi-même blessé deux fois dans ce maudit "Boix brûlé" en février et août 15 (…) Tu étais resté un des rares survivants de notre 95eme ». Cet évènement est salué par plusieurs articles dans la presse.

Il figure également en tant que Croix de guerre, dans le livre d’or de la Grande Guerre de la commune de Noyant, publié au lendemain de l’Armistice.

Le 28 octobre 1919, il se marie avec Rose Hélène Baudet originaire de la commune de Lafeline (voir livret de famille et acte d’état-civil).

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